Nous sommes partis cette année avec pour objectif la pêche du Tassergal en surf casting.
2 techniques sont possibles à notre connaissance :
l’une consiste à lancer un vif maintenu sur le fond
l’autre consiste à laisser nager librement un vif qui est repéré grâce à un ou deux ballons baudruches fixés sur le corps de ligne.
(cf : René Fourmilier - Techniques de surfcasting en Mediterranée - édition Vidéotel International)
Dans les 2 cas, la recherche de vifs est primordiale.
C’est pourquoi nous tentons notre chance dès le jour de notre arrivée à Riumar. Nous y avons déjà pris quelques mulets au cours de nos précédents voyages.
Nous prenons une bonne dizaine de mulets (à la ligne ou à l’épervier), et conservons les specimens mesurant 25 à 35 cm. Les autres sont remis à l’eau.
Ceux-ci sont conservés dans une bourriche anglaise. Il seront ensuite transportés dans une glacière jusqu’au lieu de pêche pressenti pour la recherche du Tassergal : Illa de Buddha.
Nous passons notre première nuit sur le delta et, content de notre récolte de vif, songeons à l’utilisation qui en sera faite le lendemain. Trouverons nous l’adversaire recherché ?
Le lendemain matin, nous prenons le bac et traversons le fleuve.
Nous nous reposons et nous baignons toute la journée en attendant l’heure propice à la pêche. Nous préparons le matériel en fin d’aprés midi alors que les flamands roses rentrent de leur voyage quotidien en quête de nourriture. Les choses sérieuses vont bientôt commencer ...
N’étant pas familier avec la technique du ballon baudruche, nous allons utiliser des montages simples dans un premier temps :
1 plombée coulissante de 120 grammes sans grappin
1 trainard en 45 centiémes d’une longueur de 50 cm muni d’un hameçon VMC en 1/0
Le vif est esché à l’aiguille, l’hameçon est placé derrière la dorsale
4 cannes seront utilisées : 2 threecast 455 tecnofish, 1 Daiwa Tournament et 1 bonne vieille sportex kevlar.
Tout est prêt, nous nous plaçons face à un trou repéré pendant nos baignades de l’aprés midi. 2 cannes sont placées à l’entrée gauche du trou, les 2 autres à l’entrée droite. Le soleil se couche. L’attente commence...
22h30, il fait nuit et toujours rien. Nous décidons de pecher jusqu’au lendemain matin, nous installons une tente, deux equipes sont formées : Marco et Florian, Matou et moi-même. Les uns se reposeront à l’abri des moustiques (qui nous harcélent en nombre) sous la tente tandis que les autres surveilleront les cannes.
Premier quart (22h30 - 2h30) : rien. La plupart des mulets sont morts. La chaleur est écrasante et l’atmosphére trés humide. Les moustiques ne cessent pas de nous "dévorer" malgré l’utilisation d’un répulsif. L’attente est trés éprouvante. Nous décidons d’escher les "vifs" tels quels. Nous avons confiance, quelques sauts de mulets non loin du bord maintiennent la flamme.
Marco et Florian prennent le second quart, nous échangeons nos impressions. Ils doivent être là. Patience.
3h30 : alors que je dors (à moitié) j’entends Marco se lever brusquement aprés un tac violent de l’une des cannes sur le trépied. Je sors vivement de la tente, alors que le frein se met à chanter - Tout le monde se léve et retient son souffle. Marco prend la canne en main et la redresse légerement tout en bloquant le frein manuellement. Rien ... Nous examinons le matériel : l’hameçon est ouvert. Je tente de le redresser à la main, je n’y arrive pas. Nous le changeons, eschons un mulet mort et remettons à l’eau. Nous papotons, emettons des hypothéses. Plus personne ne dort. 15 minutes passent et nouveau départ identique au premier : le trepied bouge, la canne s’incurve, le moulinet hurle. Une nouvelle fois, cela céde. 3 autres departs auront ainsi lieu jusqu’à 5 heures. A chaque fois c’est l’hameçon qui cédera. Nous continuons à pêcher jusqu’à 8h30.
Le lendemain, nous retournons faire provision de mulets. Nous n’essayons pas de les garder vivants puisque cela prend sur mulet mort. Je tacherai de faire un ou 2 mulets vivants sur place pendant la partie de pêche pour pouvoir tenter la pêche au ballon.
Nous recherchons également les hameçons adéquats dans l’attirail emporté avec nous : il me reste quelques hameçons Owner en 4/0. Nous tenterons de pêcher avec ceux là.
Les "cicatrices" de la veille sont nombreuses et visibles : les moustiques ne nous ont pas raté , nous nous enduisons de créme et tentons diverses choses plus ou moins scientifiques pour diminuer les démangeaisons.
Aprés une bonne sieste sous un bouquet d’arbre, nous nous préparons pour une deuxième soirée de pêche.
Nous pechons au même endroit que la veille, et utilisons les mêmes montages.
Les 2 groupes se reforment et c’est parti... Rien jusqu’à 4h00, la lune se léve (quart descendant). Marco m’appelle pour que nous prenions notre quart, quand l’un de ses moulinets se met à hurler. Il prend la canne en main, reserre légérement le frein : rien ... Cette fois ci l’hameçon n’a pas céder. Le mulet est complétement disloqué. Pas de chance ... N’ayant plus l’envie de dormir, Marco et Florian reste en ma compagnie.
Nous discutons :
les touches commencent toujours au même moment, lorsque la lune se léve.
cette fois ci l’hameçon a tenu.
Nous sommes sur la bonne voie.
Je me remet à l’abri sous la tente quand à nouveau un frein se met à crier. C’est une de mes cannes, le frein chante, je léve la canne et freine le tambour de la main, le poisson est accroché. Cela ne lache pas. C’est vif, c’est lourd et cela se défend. Je serre un peu le frein, il est toujours là et continu à prendre du fil. Mon nylon se détend, il fonce sur nous. Je mouline afin de garder le contact et hurle à Marco de relever les autres cannes. Le poisson entame un virage et part maintenant sur notre gauche, il doit être à 50 mètres du rivage. Je ne le controle pas mais parviens à garder le contact. Il fait demi-tour et se dirige droit vers les nylons des autres cannes. Je vois ma seconde canne à gauche s’agiter, il l’a embarquer. Il continu sur la gauche et embarque la canne de Marco qui est restée à l’eau. Pendant que j’essaie de ne pas le perdre, Marco et Florian s’active pour tenter de trouver une solution. Le poisson continu à se battre, merde ... merde ... merde ... il lache.
Nous relevons, défaisons les nylons mêlés... encore une erreur. Nos cannes ne sont pas assez espacées.
Nous remettons à l’eau. Nous enregistrons un nouveau départ vers 5 heures : une nouvelle fois le mulet est disloqué, mais pas de poisson.
Nous allons nous coucher vers 8h00.
A notre réveil, nous prenons le chemin d’Ampolla, nous faisons l’acquisition de triple en 3/0 équipé de bas de ligne acier.
Nous faisons également provision de mulets.
Nous decidons d’attendre 3h00 du matin pour débuter la pêche. 3h30, nous sommes prêts. 4h30, la lune se lève. 4h35, premier départ. Encore une fois, la touche est identique : la canne plie, le frein se met à chanter. Encore une fois, le poisson n’est pas pris : le mulet est déchiqueté, le cable acier est fortement abimé (enroulé sur lui même). Nous continuons à pêcher jusqu’au petit matin. Nada ...
Le poisson, les moustiques, la chaleur nous ont fatigué. Nous decidons de nous accorder une pause touristique et de trouver un coin de pêche "peinard" pour nous reposer. Nous reviendrons, frais et dispos.
A suivre ...
Bonsoir,
Je ne suis effectivement pas sur qu’il s’agissait de Tassergal, je n’ai pas l’habitude de pêcher ces poissons là. Tout ce que je puis dire, c’est que le départ était franc, pas de secousse ou de tatonnement : la canne se plie et le frein se met en action immediatement. Pour celui que j’ai tenu, je n’ai pas senti d’à coup ni deviner de saut, il s’agissait de rush(e) trés fort : le départ vers le large, un rush vers moi trés rapide, un virage et rush vers la droite, demi-tour et rush vers la gauche.
Pour la méthode de pêche nous nous sommes inspiré de René Fourmilier qui semble assez experimenté dans la recherche du Tassergal en surf casting sur l’Ebre. Pour l’endroit, nous avons reconnu les lieux en visionnant la vidéo : nous y avions passer plusieurs jours en decembre 2004 et y avions trouvé de nombreux mulets morts et coupés en decembre 2003.
Je ne sais pas de quoi il s’agissait, mais si je le peux, j’y retournerais encore pour en avoir le coeur net. Peux tu décrire à quoi ressemble une touche de Sériole ou de Liche ?
Cordialement,
Eric
Bonjour
J’ai aussi peché le tassergal dans le delta de l’ebre, plusieurs années de suite. J’allais au camping (sur la rive gauche), et de la avec mon zodiac, je me rendais sur la pointe de sable(rive droite) au bout du delta. j’avais la possibilite de pecher cote riviere, et cote mer. Cote riviere, quelques fois les tassergals entraient, sinon au raccroc, les mulets pour faire du vifs. Cote mer, le Tassergal. Le montage etait rustique, mais costaud un coulissant auto-ferrant : Un morceau de 70/100, au bout un plomb grappin de 150 g, ce fil passant dans l’anneau de l’emerillon attache au corps de ligne, a l’autre bout, un emerillon et sur l’autre boucle de cette emerillon, un bas de ligne en acier d’un metre (2 triples 5/0 coulissants, sur ce bas de ligne), un hamecon triple 5/0 au bout.
Le vif, un beau mulet de 500g a 1 kg (mort ou vif). Le triple en bout du bas de ligne acier accroché sur le crane du mulet, un tour autour du mulet, un des hamecons triple coulissant piqué a la hauteur de la nageoire dorsale, un autre tour et le dernier hamecon pique vers la queue, une fausse boucle pour finir.
Le long de cette plage un courant creuse le fond en parallele, a une trentaine de metres un banc de sable parallele a la plage existe(peu visible du bord).Les tassergals se promenent derriere ce banc de sable, il faut traverser cette riviere (l’eau arrive au cou), une fois sur le banc de sable un petit lancer suffit.
J’ai vu un espagnol employe une autre methode qui pourrai s’apparenter a celle du ballon. Son ballon était un morceau de polystyrene entre deux plaques de metal, le tout traversé par une tige metallique, le corps de igne a un bout, a l’autre le bas de ligne acier (comme decrit plus haut), un mulet vivant de 1,5 a 2 kgs esché. Et, cela fonctionnait bien (tres spectaculaire, le mulet remonte en surface pour echapper aux tassergals, ceux ci saute hors de l’ eau pour attaquer).
La touche du tassergal est toujours la meme, violente la canne plie en deux et le moulinet chante, la defense est tout de meme assez sympa, si vous le bridez, il saute hors de l’eau. La moyenne des prises de tassergals dans le delta se situe autour des 8 kgs.
Quand aux liches, sans doute ce que vous avez eu au bout de la ligne, la touche est similaire, mais beaucoup plus combative.Le tassergal est un tueur, il ne tue pas que pour manger, et lorsqu’il attaque un mulet celui-ci est generalement coupe en deux (avec la forme de la machoire comme lorsque l’on croque une baguette). Pour en finir, il est pas trop mauvais en brandade, mais remettez les a l’eau car personne n’en voudra.
le touareg
ps : le genre d’orphie que l’on trouve la-bas est aussi un tres bon vif. Pour les vifs (mulets) un bon coin a Amposta, au bout du quai apres le ponton (rive droite), une sortie d’egout et plein de mulets, a prendre au raccroc (il ya aussi parfois de gros silure (experience perso)).
Merci pour ces infos.
J’espere pouvoir y retourner bientôt.
Cordialement,
Eric