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Comment et que pêchait-on au XVIIIème siècle sur le littoral dunkerquois ?

dimanche 5 février 2006.
 

Je vous mets en ligne le résumé d’un texte de Grégory BOYER qui reprend les enquêtes réalisées par François Le Masson du Parc, L’enquête de Le Masson du Parc à Dunkerque en 1723 et L’enquête de Le Masson du Parc à Dunkerque en 1730.

A la fin de la Régence du Duc Philippe d’Orléans, en 1723, François Le Masson du Parc alors Commissaire de la Marine, fut chargé de contrôler les pratiques des pêcheurs sur une zone s’étendant du littoral flamand jusqu’à la Basse Normandie au cours des années 1723 et 1730.

Sa fonction consistait alors à vérifier les éventuels abus que pouvaient commettre les pêcheurs de ces côtes. Ainsi, Le Masson du Parc a pu répertorier les différentes techniques de pêche employées à l’époque mais aussi établir des reflexions quant à la gestion des ressources halieutiques.

Dans ses rapports d’enquête de 1723 et de 1730, Le Masson du Parc décrivait chaque technique de pêche utilisée par les pêcheurs de chaque village, ainsi on apprend que celles-ci différaient de Ghyvelde à Gravelines.

Les pêcheurs en bateau étaient rares, ils utilisaient soit des palangres ( pêche aux cordes agrémentées d’hameçons appelés « ains ») avec lesquelles ils capturaient des raies, des limandes, des carrelets et des soles, soit des chaluts appelés à l’époque « dreige au chausse » qui servaient à racler le fond. Le Masson du Parc avait d’ailleurs fait interdire la « dreige au chausse » à travers un arrêt royal relatif à la pêche rédigé par Louis XV, car il considérait ce type de pêche trop destructeur. En bateau, au filet, le hareng était une prise commune durant « la harengaison ».

Sur l’estran, la plupart du temps les techniques employées étaient celles de la ligne de fond et du filet plat ou tendu. La ligne de fond, nommée à l’époque pêche à la corde se distinguait par le fait qu’il existait deux types de cordes. La grosse corde qui permettait de prendre des morues, des raies ( qui semblaient communes ) en hiver et des turbots. Elle était eschée avec des crabes, des crevettes et des petits poissons. La petite corde servait l’été pour la pêche des merlans, limandes, soles, flets et carrelets, l’appât utilisé était alors le vers marin ( arénicole ) décrit comme très abondant sur les plages. Plutôt que d’utiliser une petite plaquette en bois comme cela se fait aujourd’hui, les pêcheurs se servaient de torches de paille ( de l’oyat peut-être ? ) qu’ils enfonçaient dans le sable pour tendre leurs cordes.

La pêche aux filets plats et tendus ( tramail ) était repandue sur le littoral, ainsi avec cette technique les pêcheurs locaux prenaient divers poissons plats, mais aussi des poissons ronds comme le mulet, le bar et la truite lorsque ces filets étaient placés à proximité des embouchures de rivières.

La pêche à la crevette était, quant à elle,surtout pratiquée par les femmes et les anciens.

Le Masson du Parc avait remarqué que le non respect des mailles des filets plats tendus et l’utilisation du chalut étaient particulièrement destructeurs pour la faune marine. Il fut l’un des premiers à se soucier des ressources halieutiques, d’ailleurs ses passages au sein des villages de pêcheurs étaient l’occasion pour lui d’informer ces derniers sur les menaces que faisaient peser leurs techniques de pêche.



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