Le Parc naturel marin d’Iroise a pour mission de contribuer à une meilleure gestion des stocks emblématiques présents dans ses eaux, comme le bar, Dicentrarchus labrax. L’Ifremer est en charge, pour la France, de l’évaluation des stocks de bars suivis au niveau européen (CIEM) pour laquelle il subsiste un déficit de connaissances sur différentes questions dont celle de la structuration spatio- temporelle des populations.
Afin d’améliorer les connaissances sur cette espèce, l’Ifremer et le Parc naturel marin d’Iroise organisent une campagne de marquage électronique de bars. Cette opération débutera en mer d’Iroise en août et septembre 2010, et dans un premier temps, une centaine de poissons marqués seront relâchés. L’objectif recherché est l’acquisition d’informations comportementales permettant de mieux comprendre les migrations de cette espèce et les échanges entre populations, notamment celles de la Manche et du Golfe de Gascogne. L’Ifremer et le Parc marin appellent les pêcheurs professionnels et de loisir à ramener les poissons marqués.
Durée de l’expérience :
L’expérience est sans limitation de durée. L’information sera d’autant plus intéressante que le poisson aura vécu longtemps entre son marquage et sa capture.
Tout poisson retourné fera l’objet du versement d’une récompense quelle que soit la date de la capture, y compris plusieurs années après le marquage.
Récompenses :
Une récompense de 100 euros sera attribuée pour le retour d’un bar entier avec sa marque externe en place, la marque électronique associée et les informations sur la capture. Une récompense supplémentaire de 1 000 euros sera attribuée à l’un des participants par tirage au sort.
Repérage des poissons :
Les poissons marqués sont identifiables par une marque externe de couleur rouge insérée au niveau de la nageoire dorsale. Ils contiennent, dans leur cavité abdominale une marque électronique (il en existe deux types comme le montre la figure ci-contre) qui enregistre en temps réel la température et la profondeur.

Retour d’informations : L’information que nous recherchons nécessite le retour au laboratoire des poissons marqués entiers, non éviscérés, et les informations sur la capture (date, position géographique, engin de pêche).
La récupération des poissons repose sur la collaboration des professionnels de la pêche (pêcheurs, personnels des criées, mareyeurs etc.) et des pêcheurs récréatifs.
Procédure à suivre en cas de capture d’un poisson marqué
1.Noter les informations sur la capture (numéro de la marque externe et taille du
poisson, date de la capture et position géographique, engin de capture)
2.Conserver au frais ou congeler le poisson marqué, non éviscéré, sans enlever
les marques
3.Contacter l’un des organismes suivants :
Ifremer Brest : + 33 (0)2 98 22 40 40 / merl@ifremer.fr
Parc naturel marin d’Iroise : + 33 (0)2 98 44 17 00
« No Kill » :
Les pratiquants du "no-kill" (relâcher volontaire et systématique des poissons pêchés) sont invités à relâcher tout bar marqué qui serait recapturé avant le 30 novembre 2010 et à transmettre les informations listées au point 1 de la procédure à suivre en cas de capture d’un poisson marqué. Après cette période, il leur est demandé de récupérer les bars marqués qui seront alors porteurs des informations comportementales recherchées.
Cette campagne de marquage fait suite à une précédente campagne organisée par le CEFAS (l’équivalent de l’IFREMER pour les Anglais), de novembre 2005 à octobre 2006.
Les résultats préliminaires du CEFAS avaient été publiés en 2007.
Des capteurs électroniques, enregistrant toutes les 10 minutes la pression (profondeur) et la température, avaient été placés sur 89 bars de plus de 36 cm, soit à l’extérieur du poisson (sur le dos), soit à l’intérieur (au milieu des viscères). Seulement 10 bars ainsi équipés avaient ensuite été récupérés : 6 dans les 55 jours qui avaient suivi, à moins de 89 km du lieu d’origine, et 4 entre 55 et 79 jours, à plus de 100 km du lieu d’origine. Un onzième bar fut récupéré ultérieurement, après publication des résultats préliminaires.
Au cours de leur trajet, les bars avaient passé la majorité du temps à de faibles profondeurs. A partir de ces faibles profondeurs, parfois à proximité immédiate de la surface, de brèves plongées, à des profondeurs atteignant parfois 70 m, sont cependant souvent observées. Des enregistrements identiques réalisés sur 2 bars suggèrent que les migrations sont susceptibles de se faire par bancs plus ou moins importants. Chez ces 2 bars, on pouvait d’ailleurs observer, pendant une assez longue période, un cycle de 24 heure extrêmement net : les bars se trouvaient relativement près de la surface pendant la nuit et très en profondeur pendant le jour.
Il est clair que cette technique de marquage électronique ouvre des perspectives intéressantes dans la connaissance des déplacements des bars (pas seulement de leurs migrations saisonnières mais aussi de leurs déplacements quotidiens).
Pour plus de détails : http://www.cefas.co.uk/publications/posters/33562web.pdf
Cordialement Hippolyte
Bonjour
Certainement d’un grand interet pour connaitre un peu mieux le déplacement des bars, mais je reste circonspect sur l’utilisation finale de ce type de renseignements !!!
Quant on sait qu’avant de s’appeler IFREMER ils avaient comme nom : Institut Scientifique et Technique des Pêches Maritimes (plus précisément IFREMER= fusion du CNEXO et de l’ISTPM) Sont rôle a consister pendant des années à mettre au point des engins de pêche de plus en plus performants qui sont à l’origine de la surexploitation des océans.
Le but est d’exploiter au maximum la ressource.
Avec une telle source d’informations il deviendra facile à qui le voudra d’aller là où ce trouve le poisson (encore un peu plus qu’aujourd’hui)
Hi all
OK avec toi François ! Les hommes ont souvent des bonnes idées , mais elles sont souvent détournées et pas toujours exploitées dans le bon sens !!
Bonjour,
Je m’attendais à ce genre de réflexion.
Merci d’apporter une solution : qui doit faire quoi ?
Cordialement,
Eric
Hi Eric
Je ne dis pas qu’il ne faut rien faire ! la recherche est toujours positive , c’est son utilisation qui est souvent mal employée ! Je ne vais pas citer l’exemple du nucléaire ! et de bien d’autres !
Amicalement , pad
FrançoisH et alainpady nous entraînent dans l’un des débats philosophiques les plus fondamentaux de notre société moderne : doit-on craindre le progrès des connaissances à cause du mauvais usage qu’on pourrait en faire ? Et pour rester au plus près de notre sujet, doit-on reprocher à l’IFREMER d’enrichir notre connaissance du milieu marin et des animaux qui y vivent et doit-on lui reprocher d’avoir contribué à la mise au point d’outils de pêche performants ? Et cela, sous prétexte que certains en profitent pour piller les mers ?
Pour moi la réponse est claire et générale : non !
Il ne faut en effet pas se tromper de combat : c’est non pas de l’enrichissement de nos connaissances et de nos progrès techniques qu’il faut avoir peur mais de l’usage qu’on en fait !
Science sans conscience...
La société humaine moderne a en fait avant tout à résoudre des problèmes de morale collective. Et la morale collective, ça passe par des lois et des règlements qui établissent ce qu’on a le droit de faire et ce qu’on n’a pas le droit de faire. Et ça passe par la justice qui punit ceux qui ne respectent pas ces lois et règlements. Et tout ça, ce n’est plus du ressort de ceux qui font progresser les connaissances et les techniques, c’est à dire du ressort des scientifiques. Et pour la pêche, ce n’est plus du ressort de l’IFREMER !
Cordialement