Un arrêté de la Direction régionale des Affaires maritimes a récemment limité de façon significative la pêche du cabillaud pour les pêcheurs de plaisance. Cette restriction limite à dix le nombre de poissons pouvant être remontés par bateau, ce qui est vu comme trop restrictif par les pêcheurs plaisanciers concernés.
La Fédération des pêcheurs (FNPPSF) a du mal à comprendre cette volonté de limiter leur activité, qui reste purement personnelle. Pour elle, le poisson est abondant et sa pêche représente, sur le plan national, moins de 2 % de la quantité de poissons pêchés annuellement selon une récente enquête BVA. Pour eux, les marins pêcheurs professionnels ne sont pas menacés par ce loisir saisonnier. C’est pourquoi, cette décision est perçue comme « injuste, infondée et inefficace ».
Lire la suite sur la voix du nord : Recours tribunal administratif FNPPSF
Bonjour,
Je ne suis pas pecheur en bateau. Mais je trouve que les arguments opposés à ce quota sont eux trés "bateaux" voir incongrus.
Le cabillaud est bel et bien une espèce menacée. Il est d’ailleurs inscrit à la liste rouge de l’IUCN VU A1bd.
VULNERABLE (VU) - A taxon is Vulnerable when it is not Critically Endangered or Endangered but is facing a high risk of extinction in the wild in the medium-term future, as defined by any of the criteria (A to E) as described below.
En Français : Une espèce est Vulnérable (VU) quand elle n’est pas en Danger Critique ou en Danger mais présente un risque d’extinction élevé dans la nature à moyen terme
A1bd :
A) Population reduction in the form of either of the following :
En Français : Réduction de la population pour l’une des raisons suivantes :
1) An observed, estimated, inferred or suspected reduction of at least 20% over the last 10 years or three generations, whichever is the longer, based on (and specifying) any of the following :
En Français : Une réduction de la population observée, estimée, déduite ou suspectée d’au moins 20 % durant les 10 dernières années ou pour 3 générations, selon la plus longue période, sur la base (et en spécifiant) l’un des élements suivants :
b) an index of abundance appropriate for the taxon
en Français : un indice d’abondance approprié pour l’espèce
d) actual or potential levels of exploitation
En Français : niveau d’exploitation réél ou potentiel
En clair, cela veut dire que le cabillaud est menacé d’extinction à moyen terme, sur la base d’éléments concrets tel que l’indice d’abondance et le niveau d’exploitation de l’espèce.
On sait maintenant qu’au Canada, les restrictions drastiques sur la pêche de ce poisson ne donnent toujours pas de résultats, 20 ans aprés leur mise en place. Il était peut être déjà trop tard.
On sait également que les méthodes de gestions actuelles, pour le cabillaud et les autres espèces exploitées commercialement et pour la pêche de loisir semble maintenant contestées même par certains scientifiques, "relacher les gros".
Il semble que la pêche ne soit pas seule responsable de la diminution de la population de cabillaud. Les changements climatiques, la pollution ... sont d’aprés certains scientifiques aussi responsables que la surpêche. Etude sur l’influence du plancton sur la survie des jeunes cabillauds
Il est à noter également que quelques remarques sur les dates de début de quota - un quota devrait débuter aprés la période de reproduction, et non selon le calendrier civil -faites sur opalesurf et sur le forum chez godzi semblent judicieuses (merci Sébastien). Un quota de cabillaud atteind (il est moins important que les années précédentes) en pleine période de reproduction n’est il pas quelque chose d’ubuesque ?
Le cabillaud a besoin de protection. C’est de cela dont il faut débattre avec les scientifiques et les administrations. Ou la pêche de plaisance dans le Nord/Pas de Calais mourra avec la raréfaction, voir la disparition de ce poisson.
Cordialement,
Eric - webmaster opalesurfcasting.net
Bonjour Eric,
Il y a un million de pêcheurs en mer amateurs en France. Cela va du pêcheur du dimanche, pêchant deux fois l’été, au mordu qui pêche toutes les semaines plusieurs fois. Ceci toutes techniques confondues (bord, bateau...). Ce million d’irresponsables dangereux, capture effectivement 2 % de ce qui est pêché annuellement en France (officiellement, les pros ne déclarant pas tout).
Alors oui, imposer des quotas aux pêcheurs plaisanciers est ridicule !
Ce sont les pros qui vident le mer. En une trémaille, ils prennent plus que ce que je ramène avec mon bateau en un an ! Les trémailleurs posent 10 à 15 kilomètres de filets par bateau. Il y en a une centaine à Boulogne, vingt à Dunkerque. Qui fait du dégât sur la ressource ?
Nous ferions mieux de mettre en place des périodes de repos biologique pendant la reproduction, plutôt que de s’attaquer aux plaisanciers.
Ce n’est que mon humble avis.
Cordialement, Xavier
Salut Xavier,
Le problème n’est pas de savoir qui en prend le plus.
Le but est de réussir à sauver ou préserver le cabillaud et les autres ressources marines menacées.
Pour cela, il faudra mettre en place de meilleures pratiques.
1 - Pour les pêcheurs : comme tu le dis, éventuellement respecter des périodes de repos biologiques, au bon moment. En tout cas, il faudra réfléchir à de nouvelles méthodes de gestion. Là c’est aux scientifiques de mettre leurs connaissances et leurs interrogations sur la table pour évaluer l’efficacité de ces mesures. Au pouvoir public, aux pêcheurs et à la société de décider.
2 - Pour tous le monde : s’engager sur de meilleurs pratiques environnementales à tous les niveaux, la pollution quelle soit industrielle, territoriale, "incivique", ou climatique semble avoir une influence non négligeable. Cela demande donc des efforts de chacun.
Les fermetures qui interviennent maintenant sont basées sur les quotas fixés entre pays de l’union européenne.Ces derniers tiennent peu compte, il me semble, des recommandations des scientifiques. Ils sont appliqués sur des critères administratifs : début de quota au 1 er Janvier, fin au 31 décembre ou avant si le quota est atteint.
Les rythmes biologiques ne sont pas pris en compte : c’est vrai, qu’une fermeture, pour quota atteint, juste après la période de reproduction parait illogique. Pourquoi ne pas commencer à pêcher après la période de reproduction ?
J’ai été informé, hier, d’un nouvel arrêté de fermeture de quota concernant la sole, le cabillaud et la plie. J’essaierai de m’informer demain sur son contenu. Cette fermeture intervient après la période de reproduction pour les 2 premières espèces. Et laissera en repos la troisième pendant la moitié de sa période de reproduction.
Est ce logique ?
Existe t-il des arguments démontrant que pêcher pendant la période de reproduction n’est pas préjudiciable ?
Un vieux pêcheur a sans doute envie de lever le yeux au ciel.
En ce qui concerne les prélèvements effectués par les amateurs, le sujet est délicat. D’autant plus que les estimations sont faites sur des déclarations enregistrées par sondage.
Les quantités prélevées par les amateurs sont sûrement bien inférieures à la pêche pros mais le terrain de "jeux" est quelquefois le même pour les 2.
Si le pêcheur amateur ne veut pas s’imposer de restriction ou changer sa façon de pratiquer, comment pourrons nous sortir de l’éternel : "c’est pas nous, c’est eux" qui semble de mise entre les différentes catégories de pêcheurs.
Au contraire, nous devrions montrer l’exemple et travailler ensemble.
En effet, bien que les enjeux soient différents. Il s’agit d’un travail et de la principale source de revenu pour quelques milliers de professionnels ou d’une pratique de détente pour environ 1 million de Français.
Si rien n’est fait, les conséquences seront les mêmes pour tous le monde : des "amoureux" et des passionnés de mer seront privés de leur rendez-vous favori.
Est ce qu’un recours devant le tribunal administratif peux parvenir à faire changer les critères d’application des quotas au niveau européen ?
**Quel est le nombre de poisson pris pour qu’une sortie soit ?
Est ce qu’en attendant cela, les pêcheurs amateurs ne pourraient s’appliquer volontairement le repos biologique aux bonnes périodes ?
*Cabillaud : nord/pas de calais/mer du nord : Décembre à Mai.
*Sole : nord/pas de calais/mer du nord : Mars à Juin/Juillet
*Plie : nord/pas de calais/mer du nord : Décembre à Février
* Est ce que le repos biologique est utile ?
Cordialement,
Eric
* à préciser, établir et justifier avec des informations scientifiques
** cette question ne s’adresse pas à toi Xavier, je crois savoir quelle est ta façon de pratiquer.
Juste une question, vous êtes combien à manger du poisson à la maison pour vouloir embarquer + de 10 cabillauds par bateau. Si ce que vous appelez des cabillauds n’étaient pas des juvéniles, vous embarqueriez pas moins de 80 kg de poisson avec 10 poissons, alors je trouve cette mesure juste et responsable et pense qu’elle n’est pas assez sévère, j’interdirai les trémails sur les bateaux de plaisance.
Il faut juste dire la vérité, c’est affaire de rentabilité : "Je sors,je brûle du gasoil ou du super alors faut que ça rentre en retour". Vendez vos boîtes à fumée et achetez (ou fabriquez vous) un voile aviron, il aura meilleur goût le poisson et sera indolore au porte monnaie .
PS : Je n’ai pas de bateau mais si ça devait arriver un jour, il n’aura pas de moteur "Saloperie de pétrole"
A voir dans la voix du nord de ce jour (édition boulogne sur mer) justement : un plaisancier contrôlé avec plus de cent prises de cabillauds (poids supérieur à 200Kg) contre les 10 autorisés !
Mon avis : Entre les 10 prises et la centaine je pense qu’il y a une marge ! 10 cabillauds par bateau me semble faible ; ramener cela au nombre de pêcheurs me semblerait plus approprié. En effet à 3 pêcheurs par bateau, cela fait 3 à 4 cabillauds par pêcheur, je ne dis pas que les sorties pêche doivent être destinées à remplir un congélateur, bien sûr, mais ce chiffre me semble bien faible vu l’energie et le temps qu’il faut déployer pour trouver ces points à cabillauds. Quant aux 10 cabillauds pour 80Kg je me demande s’il en existe encore de ce gabarit. Un cabillaud de 8 Kg est un poisson trophée. C’est le genre de texte qui a été mis en place à la demande des pro, en contrepartie de la baisse des quotats (qui augmentent dès qu’un pneu brule d’ailleurs) de manière à faire croire que ce ne sont pas les seuls responsables de la diminution de la ressource ; je trouve dommageable que les autorités aillent dans ce sens sans réflexion alors qu’elle feraient mieux de se concentrer sur les infractions ou les autorisations abusives delivrées aux pro. Il suffit de demander une autorisation contre qq dizaines d’euros pour se voir autoriser la pêche dans la zone des deux milles, la pêche de la seiche parait-il ! J’ai vu par deux fois un chalutier agir à 60 m de l’endroit ou je pêchais de nuit depuis une structure en béton et plus récemment un tremailleur à une centaine de metres de la plage. Ce dernier relevait un filet sur le coup de 10h, filet non marqué par des bouées qui aurait pu emprisonner un nageur ! J’ai une photo de ce dernier, mais je ne sais comment l’insérer ! Responsabilisons les pêcheurs de plaisance, certes mais ne leur jetons pas tous les torts !
Fred
Bonjour,
Je trouve que la fnppsf a tout a fait raison de déposer un recours devant le tribunal administratif (je les trouve très lents au démarrage, c’est dès le lendemain qu’il fallait attaquer !).
Ce décret est absurde pour plusieures raisons :
la loi permet au préfet de limiter la pêche d’un poisson aux plaisanciers si l’espèce est menacée, hors la CE vient d’augmenter de 25% le quota de cabillaud pour les pros. Il y a comme un paradoxe, soit le cabillaud est menacé, et on augmente pas les quotas, soit il ne l’est pas, et on les augmentent...
Depuis 8 ans sur BL, je n’ai jamais vu autant de cabillaud, et n’en déplaise à certains la taille moyenne a largement augmentée... (Cela pose d’ailleurs problème, avec la gloutonnerie du cabillaud, très peu de seiches et de rougets sont débarqués en ce moment, protéger une espèce c’est bien mais il faut prendre en compte l’écosystème dans sa globalité, climat compris.).
la limitation à 10 cabillauds par bateau est arbitraire et largement insuffisante. Je mange et ne vends pas mon poisson, j’en suis rendu à 3 sorties depuis début juillet, vous comprendrez aisaiment que je dois pas manger mon poisson matin, midi et soir pour en venir à bout...
Ceux qui parlent de rentabilité, ne doivent pas savoir les frais qu’engendre un bateau, en terme purement comptable, il revient beaucoup moins cher d’acheter son poisson aux pros, je n’ose pas faire le calcul coût du bateau/kilos de poissons !
Dans l’arrêté le prefet parle de risque de trouble à l’ordre public, je n’ai jamais vu un plaisancier bloquer le port de BL, ou couper le BLD Gambetta avec des palettes en feux, je pense qu’il est mal informé et qu’il se trompe de cible...
Lors des fameux contrôles des affmars et la saisie du bateau à BL en début de mois, il fallait voir les contrôleurs à l’oeuvre, on croyait qu’il recherchait de la drogue, dommage qu’il ne mettent pas le même zèle pour faire respecter les quotas par les pros (exploser de plus de 30% cette année encore !). Tout le monde a pu voir sur france 3 au printemps que les pros débarquaient encore du cabillaud quai Gambetta après la fermeture du quotas, et ces mêmes contrôleurs étaient alors absent des quais (à 100 m de leur bureau...). Je comprends qu’il est plus facile d’emmerder un plaisancier qu’un pro en colère, mais quand même...(Suffit-il de casser et d’être en colère pour ne pas être emmerdé ?)
Pour que les choses soient claires :
La débarque à 2 pêcheurs de pratiquement 200 kilos (175Kg semble -t-il) est absurde et condannable, pas besoin de quotas pour ça.
Plutôt qu’emmerder la majorité des plaisanciers pratiquant une pêche de loisir, il faudrait vraiment s’en prendre aux quelques "commerçants", ça nécessiterait peu de moyens, mais il n’y a aucune volonté de le faire (Assos, affmars, pro de la pêche sur BL...).
Il est évident que certains font un commerce, et il ne faut pas être sorti de ST CYR pour savoir qui. Quelques filatures bien ochestrées permettrait de savoir ou et à qui ce poisson est vendu.
Sans ce nettoyage des brebis galleuses, ce n’est pas qu’un quota de cabillaud qui va nous tomber dessus...
Bonjour,
Un petit complement d’info pour savoir sur quelles bases a été prise la decision d’augmentation de quota :
Augmentation des quotas de cabillaud et plan d’urgence pour les pêcheurs
Le travail des scientifiques pour l’évaluation des stocks halieutiques
stock Mer du Nord (sous zone IV), Manche est (Division VIId) et Skagerrak (Division IIIa) 2007
Cordialement,
Eric